Le marché britannique s’ouvre davantage aux services qu’aux produits tunisiens
Un tournant structurel dans les échanges bilatéraux
Selon la dernière fiche commerciale publiée le 31 juillet 2026 par le Department for Business and Trade (DBT) britannique, le Royaume-Uni importe désormais davantage de services que de biens en provenance de Tunisie. Un basculement inédit qui traduit une mutation profonde de la composition des exportations tunisiennes vers le marché britannique.
Des services en progression, des biens en repli
Sur les douze mois achevés fin mars 2026, les importations britanniques depuis la Tunisie ont totalisé 436 millions de livres sterling (environ 1,73 milliard de dinars). Les services en représentent désormais 234 millions (53,7 %), contre 202 millions pour les biens (46,3 %). À titre de comparaison, les marchandises occupaient encore une position dominante en 2024.
Ce renversement résulte de deux mouvements contradictoires : les importations de biens tunisiens ont chuté de 28,6 % sur un an, tandis que celles de services ont progressé de 13,6 %. Les baisses les plus sensibles concernent les équipements électriques grand public (-40,5 %), les équipements de télécommunications (-40,6 %) et les vêtements (-20,5 %).
Des échanges globaux stables, mais une dynamique déséquilibrée
Sur la même période, le volume total des échanges de biens et de services entre les deux pays s’établit à 734 millions de livres sterling (2,91 milliards de dinars), en hausse de 0,8 % par rapport aux douze mois précédents. En parallèle, les exportations britanniques vers la Tunisie ont bondi de 24,7 %, tandis que les importations en provenance de Tunisie reculaient de 10,8 %.
Un manque de visibilité sectorielle
Si la montée en puissance des services constitue l’enseignement majeur de ce rapport, celui-ci ne fournit aucune ventilation par secteur d’activité. Il est donc impossible, à ce stade, d’identifier précisément les filières à l’origine de cette progression – qu’il s’agisse des services numériques, financiers, du conseil, du tourisme ou des prestations intellectuelles.
Une évolution à confirmer
Ce changement de structure, encore récent, mérite d’être suivi dans les prochains trimestres pour déterminer s’il s’inscrit dans une tendance durable ou s’il reflète des ajustements conjoncturels. Il n’en demeure pas moins que la physionomie des échanges tuniso-britanniques est en train de se redessiner, sous l’effet conjugué de la tertiarisation de l’économie tunisienne et de la recomposition de la demande britannique.

