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Taïeb Zahar : « Le médecin qui maîtrise la technologie remplacera celui qui s’en prive »

Le coup d’envoi officiel de cette édition 2026 a rassemblé un parterre de décideurs, mené par Walid Naija, directeur général de la Santé, entouré des représentants de l’OMS et d’une constellation d’experts du secteur. Mais au-delà du protocole, c’est un véritable plaidoyer pour une rupture avec le passé qui a marqué les esprits.

Dès l’ouverture des travaux du Forum International de la Santé Numérique, Taïeb Zahar, président du Forum de Réalités, a planté un décor sans ambiguïté : nous ne vivons pas une simple mise à jour technique, mais un basculement de civilisation médicale. Pour lui, le modèle « hospitalo-centré » a vécu. L’avenir appartient à une médecine centrée sur le patient, où l’on ne se contente plus de guérir, mais où l’on apprend à anticiper.

Big Data, intelligence artificielle, objets connectés… Ces outils ne sont plus des gadgets de salon, mais les nouveaux piliers d’une santé 4.0. Dans cette vision, la donnée médicale change de statut : elle devient un instrument de soin à part entière, capable de réduire les fractures géographiques grâce à la télémédecine.

Loin des discours, Taïeb Zahar a rappelé une vérité essentielle : « La technologie ne remplacera jamais le médecin. Mais un médecin qui maîtrise la technologie remplacera celui qui ne la maîtrise pas. » L’enjeu est donc culturel. Il s’agit de former une nouvelle génération de praticiens capables de piloter une « médecine augmentée » sans perdre l’essence même de leur mission : le discernement et l’empathie.

Si la Tunisie dispose d’un écosystème numérique bouillonnant et de compétences enviées, le forum a mis en lumière les défis qui persistent. La souveraineté des données, l’éthique de l’IA et l’équité d’accès aux soins restent des chantiers majeurs. Pour les participants, la confiance du citoyen envers ces nouveaux systèmes est à ce prix.

L’appel lancé ce vendredi est clair : il est temps de dépasser le stade des colloques pour entrer dans celui de l’impact réel. La construction d’une vision nationale cohérente n’est plus une option, c’est une urgence pour que la transition numérique se traduise par une meilleure prise en charge au lit du malade.

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