La Tunisie accélère la protection de la couche d’ozone avec le lancement de la phase finale du Plan de Gestion de l’Élimination des substances HCFC
Dans le cadre des efforts continus de la Tunisie pour honorer ses engagements internationaux en matière de protection de la couche d’ozone et du climat, l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI) et l’Agence Nationale de Protection de l’Environnement (ANPE) ont organisé, le 10 février 2026 à Tunis, un atelier de consultation nationale marquant le lancement de la Phase III du Plan de Gestion de l’Élimination des HCFC (PGEH).
Les HCFC (hydrochlorofluorocarbones) sont des fluides frigorigènes principalement utilisés dans le secteur de la Réfrigération et de Climatisation (RAC). Bien qu’efficaces pour le refroidissement, ils sont responsables de la destruction de la couche d’ozone et contribuent fortement au réchauffement climatique.
Ce programme de transition vers les nouvelles technologies respectueuses de l’environnement, s’inscrit dans une dynamique historique : depuis 1993, l’ONUDI, avec l’appui du Fonds Multilatéral, soutient plus de 100 pays pour réduire l’usage des substances nocives pour l’ozone. En Tunisie, cet engagement se concrétise par la mise en œuvre des projets Protocole de Montréal et de l’Amendement de Kigali, coordonnés par l’ANPE en partenariat avec l’ONUDI et le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement).
Après le succès en Tunisie des deux premières phases (2014 – 2026), marquées par une réduction de 70% de ces substances et ayant permis à de nombreuses entreprises tunisiennes de réussir leur transition écologique et technologique, cette nouvelle phase (2026 –2030) vise l’élimination totale des HCFC d’ici 2030.
« Cette nouvelle phase ne se contente pas d’éliminer simplement des substances nocives à la couche d’ozone; elle vise à transformer durablement le secteur tunisien du froid pour le rendre plus performant et respectueux de l’environnement. C’est un signal fort pour nos industriels : la transition vers des technologies propres est désormais une réalité opérationnelle », a souligné M. Youssef Hammami, Coordinateur de l’Unité Nationale d’Ozone (ANPE).
Enjeux et priorités de la Phase III (2026-2030)
La Phase III, dotée d’un budget de 1,12 million de dollars financé par le Fonds multilatéral, prévoit des actions concrètes pour ramener la consommation nationale de ces substances HCFC à zéro à l’horizon de 2030 :
- Instauration et mise en œuvre d’un programme national de récupération, recyclage et régénération (RRR) des fluides frigorigènes contrôlés par le protocole de Montréal,
- Equipements, Formation, et renforcement des capacités :
- Formation des techniciens, commerciaux, ingénieurs conseils et architectes sur les nouvelles technologies alternatives, et mise en œuvre d’un programme national pour la certification des techniciens et des sociétés de service opérant dans le secteur du froid ;
- Réhabilitation du Centre Sectoriel de Formation en Énergétique de Kairouan afin d’assurer la formation à l’utilisation des réfrigérants naturels (Ammoniac, CO2, absorption), en tant qu’alternatives sans danger pour l’atmosphère.
- Soutien aux centres de formation professionnelles avec des équipements et outillages servant pour promouvoir les bonnes pratiques de gestion des fluides frigorigènes.
- Octroi de bourses d’études pour encourager l’intégration des femmes dans les métiers du froid.
- Projets pilotes dans les secteurs clés
- De la pêche à travers des projets pilotes dans les ports tunisiens visant à moderniser les équipements de réfrigération à l’aide de réfrigérants naturels, et à promouvoir les bonnes pratiques de maintenance afin de prévenir les fuites.
- De l’industrie agroalimentaire à travers des projets pilotes démontrant des nouvelles technologies respectueuses de l’environnement, avec dissémination des résultats de ces projets à l’ensemble des entreprises du secteur.
Soulignant l’importance de cette phase finale, M. Benoît Wuatelet – Expert International au siège de l’ONUDI à l’unité Protocole de Montréal, a déclaré : « Cette phase finale vise à accompagner les acteurs nationaux dans l’adoption de technologies alternatives à faible impact climatique, en tenant compte des contraintes économiques et opérationnelles du secteur. »








