Plan Mattei: 330 cadres tunisiens formés par l’Italie
L’École nationale d’administration italienne (SNA) a lancé, le 10 février 2026 à Caserte, un vaste programme de renforcement des capacités destiné à 1 320 hauts fonctionnaires originaires de quatre pays africains : la Tunisie, la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie et le Kenya. La cérémonie inaugurale s’est tenue en présence du vice-ministre italien des Affaires étrangères et de représentants des administrations partenaires.
Parmi les bénéficiaires, 330 cadres tunisiens suivront ce parcours structurant, inscrit sous l’égide du Plan Mattei la stratégie africaine de Rome. La directrice de l’École nationale d’administration (ENA) de Tunisie figurait parmi les officiels présents, aux côtés de l’ambassadeur tunisien à Rome, signe de l’ancrage institutionnel de l’initiative.
Un levier pour moderniser l’administration publique
Le projet vise à outiller les élites administratives africaines par un mélange de formations conjointes, de visites de terrain et de mise en réseau durable avec leurs homologues italiens. Il ne s’agit pas seulement d’un transfert de compétences, mais d’un véritable appariement institutionnel entre l’Italie et les pays cibles.
L’ENA tunisienne, qui assure la coordination nationale du projet, confirme ici son rôle moteur dans la professionnalisation de la haute fonction publique. Pour Tunis, cette participation constitue aussi un levier de visibilité dans les nouvelles dynamiques de coopération euro-africaine.
Une gouvernance partagée entre Rome et ses partenaires
La cérémonie a été prolongée par une table ronde réunissant les représentants des quatre États africains, les responsables de l’Agence italienne pour la coopération au développement, ceux du Département de la Fonction publique, ainsi que la structure de mission dédiée au Plan Mattei.
Les échanges ont notamment porté sur le séquençage opérationnel du programme et l’adaptation des contenus aux priorités exprimées par chaque administration nationale.
Derrière l’enjeu technique, c’est bien une ambition politique que Rome affiche, celle de faire de la gouvernance publique un pilier de son partenariat africain. Et pour la Tunisie, une manière de capitaliser sur son outil administratif pour peser dans les échanges entre les deux rives de la Méditerranée.

