Schengen: la Suède verrouille l’accès à sa nationalité
Le gouvernement suédois a dévoilé un projet de réforme du code de la nationalité qui durcit considérablement les conditions d’accès à la citoyenneté. Cette refonte, qui devrait entrer en vigueur en juin 2026 sous réserve d’un vote parlementaire, allonge la durée de résidence exigée et introduit des critères linguistiques, économiques et comportementaux.
Stockholm entend ainsi mettre un terme à ce que certains responsables jugent être un trop grand laxisme. Actuellement, l’obtention du passeport suédois est possible après cinq années de séjour régulier. Si le texte est adopté, il faudra désormais patienter huit ans, sauf dérogations pour les réfugiés et les conjoints de ressortissants suédois.
Langue, finances et casier judiciaire passés au crible
Les nouvelles dispositions ne se limitent pas à un simple allongement du délai. Les autorités souhaitent également évaluer la « stabilité financière » des postulants. Seront ainsi écartés ceux qui présentent des dettes importantes non honorées. Le comportement du candidat sera lui aussi examiné : tout antécédent judiciaire pourra compromettre une demande.
Autre nouveauté d’ampleur : l’instauration de tests obligatoires de langue suédoise et de connaissances civiques. L’objectif affiché est de s’assurer que les futurs citoyens maîtrisent suffisamment la langue pour s’intégrer professionnellement et socialement, et qu’ils adhèrent aux valeurs fondamentales de la société scandinave.
Une tendance européenne qui se confirme
Cette réforme s’inscrit dans un mouvement plus large observé au sein de l’espace Schengen. Plusieurs États membres ont récemment relevé leurs exigences en matière de naturalisation, estimant que l’acquisition de la nationalité devait consacrer une intégration aboutie plutôt que de simplement sanctionner une durée de séjour.
Pour les Tunisiens installés en Suède ou ceux qui projettent une installation durable, ces changements impliquent une préparation renforcée. Au-delà de l’allongement du temps de résidence, c’est désormais un parcours d’intégration exigeant qui les attend, incluant la maîtrise de la langue et une connaissance approfondie des institutions locales.
À ce stade, le texte doit encore franchir l’épreuve du Riksdag, le parlement suédois. Si son adoption semble bien engagée, rien n’indique pour l’instant que des modifications ne viendront pas ajuster certains critères d’ici 2026.

