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ARP: L’anglais visé dès la deuxième année de base

L’Assemblée des représentants du peuple tunisienne ouvre un débat potentiellement sur la place de la langue anglaise. La Commission chargée des dossiers éducatifs et scientifiques examine actuellement une proposition de loi organique, déposée sous la référence 117/2025, qui ambitionne de redéfinir profondément le paysage linguistique du pays, de l’école primaire à l’administration publique.

Le cœur de cette réforme réside dans le système éducatif. L’article premier du texte envisage en effet d’ériger l’anglais au statut de « langue fondamentale » dès la deuxième année de l’enseignement de base, soit un démarrage très précoce. Mais la mesure ne s’arrête pas là : le projet prévoit également de faire de l’anglais la langue d’enseignement pour les disciplines scientifiques et technologiques à partir du cycle préparatoire, marquant un tournant pédagogique majeur.

Le supérieur n’est pas en reste. L’article deux stipule que les établissements universitaires et de recherche scientifique auraient l’obligation d’intégrer la langue de Shakespeare dans leurs programmes, particulièrement dans les filières techniques, scientifiques, médicales et économiques.

L’ambition du législateur dépasse toutefois le cadre des salles de classe. L’article trois de la proposition étend cette dynamique à la sphère institutionnelle. Il suggère que les structures publiques et nationales adoptent l’anglais comme seconde langue de travail. Cette orientation concernerait des secteurs jugés prioritaires comme les relations internationales et diplomatiques, l’attraction des investisseurs étrangers, la coopération économique, ainsi que le domaine du numérique et des systèmes informatiques.

Portée par plusieurs députés, cette initiative législative se fixe un double objectif stratégique. Il s’agit, selon ses promoteurs, d’une part de renforcer l’ouverture internationale de la Tunisie et, d’autre part, d’améliorer la compétitivité de son système éducatif et de son appareil institutionnel sur l’échiquier mondial, afin de mieux répondre aux défis de l’économie contemporaine. Le débat parlementaire à venir décidera si cette vision linguistique devient la loi de la République.

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