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Café : comment la contrebande a empoisonné le marché ?

Le secteur tunisien du café fait face à une crise sans précédent. Une marée de produits illicites, circulant en dehors des circuits officiels, a forcé les autorités à déclencher une campagne massive de contrôles et de saisies. Le ministère du Commerce met en garde : ces cafés, arborant des marques inconnues et non homologués, échappent à tout contrôle sanitaire et présentent un risque pour les consommateurs.

Les professionnels, en particulier les gérants de débits de café, sont sommés de se fournir exclusivement auprès des torréfacteurs agréés. L’alerte fait suite à une propagation soudaine et massive de ces produits, un phénomène qualifié d’inédit par la filière. Les services de l’État ont intensifié leur surveillance sur tout le territoire.

Un prix anormalement bas, source de tous les dangers

Le moteur principal de cette crise réside dans un écart de prix vertigineux. Jasser Ahmar, président du Groupement des Torréfacteurs de Café au sein de la CONECT, pointe du doigt un pays voisin. Selon lui, le café y serait introduit illégalement à des coûts dérisoires, parfois même inférieurs à son prix dans le pays d’origine.

Au-delà du préjudice économique, les risques pour la santé publique sont réels, la composition de ces produits restant inconnue. La situation est aggravée par la capacité de ces cafés de contrebande à infiltrer non seulement le marché parallèle, mais aussi des commerces et grandes surfaces autorisés, avec une promotion active sur les réseaux sociaux.

L’économie légale asphyxiée

L’impact sur la filière légale est sévère. Les 286 entreprises tunisiennes agréées doivent s’approvisionner via l’Office tunisien du commerce, l’unique importateur officiel. Or, le volume légal écoulé s’est effondré, passant de 2 300 à 2 500 tonnes par mois à seulement 900 tonnes, selon Wafa Attaoui, vice-présidente du groupement des torréfacteurs.

Cette chute brutale a provoqué la fermeture de nombreuses sociétés, fragilisant l’ensemble d’un secteur économique. La contrebande représenterait désormais près de 60% du marché national, une proportion alarmante qui place la lutte contre ces trafics au rang des priorités urgentes des pouvoirs publics, face à des répercussions tant sanitaires qu’économiques.

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