News

Ciments-Bizerte 2025 : des chiffres en hausse, une usine à l’arrêt !

Les chiffres du quatrième trimestre 2025 des Ciments de Bizerte dépeignent un tableau contrasté, mêlant une nette progression de l’activité à court terme et une crise financière qui s’enlise. L’entreprise, toujours paralysée par l’arrêt de sa production de clinker depuis plus d’un an, navigue en eaux troubles, incapable de respecter ses engagements.

Production : une hausse en trompe-l’œil

Sur la dernière période de 2025, la production de ciment a grimpé à 36 770 tonnes, soit une augmentation de 28,44% par rapport à la même période en 2024. Cette performance s’explique non par un redémarrage de l’outil industriel, mais par une intensification de l’activité de broyage. La société, qui ne fonctionne plus qu’en « cimenterie de broyage », a transformé du clinker importé ou acquis localement.

Dans le même temps, la production de chaux a bondi de 68,62%, à 833 tonnes, tirée par la demande nationale.

Le cœur du problème : le four toujours à l’arrêt

Cette reconversion partielle masque une difficulté majeure : la ligne de production de clinker reste à l’arrêt depuis début 2025. La cause est connue : un manque crucial de coke de pétrole, le combustible nécessaire au fonctionnement du four. Les graves difficultés de trésorerie empêchent la société de financer l’importation de cette matière première.

Ironie du sort, l’activité portuaire de l’entreprise génère des revenus. Au cours du trimestre, elle a déchargé sept navires transportant plus de 116 500 tonnes de coke de pétrole, pour un chiffre d’affaires hors taxes de près de 1,4 million de dinars. Une activité de service qui profite à d’autres opérateurs du secteur, mais ne résout pas ses propres problèmes d’approvisionnement.

Des finances sous tension

Sur le plan commercial, le chiffre d’affaires local du trimestre affiche une forte croissance (+54,49%), passant à 9,07 millions de dinars. La tendance annuelle est également positive. Malgré cette embellie, la direction reconnaît que la crise financière perdure, au point que la société se trouve dans l’incapacité de régler ses fournisseurs et de faire face à ses échéances bancaires.

Des perspectives 2026 en mode survie

Pour le premier trimestre 2026, les perspectives restent très prudentes et se concentrent sur la gestion de la crise. Les priorités annoncées sont :

  • La maîtrise stricte des coûts face aux contraintes financières.
  • La poursuite de la stratégie d’achat et de broyage de clinker en attendant un hypothétique redémarrage de la production propre.
  • Le renforcement de la présence commerciale sur le marché local.
  • Le maintien d’un dialogue social apaisé.
  • La pérennisation de l’activité de déchargement portuaire.

En somme, les Ciments de Bizerte poursuivent leur marche en équilibre sur une corde raide. L’entreprise réussit, tant bien que mal, à maintenir une présence sur le marché grâce à des adaptations logistiques. Cependant, sans une solution durable pour relancer son outil de production cœur de métier et assainir ses finances, cette respiration trimestrielle pourrait n’être qu’un sursis.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *