Economie

Comment l’énergie est devenue le premier poste déficitaire de la Tunisie ?

La dépendance énergétique de la Tunisie a atteint un niveau critique, selon les dernières données officielles. Le déficit du secteur a quadruplé en l’espace d’une décennie, grimpant de 2,7 à 11,1 milliards de dinars entre 2016 et 2025. Une hémorragie qui explique désormais plus de la moitié (51,1%) du déficit commercial total du pays, contre un peu plus d’un cinquième (21,5%) il y a neuf ans.

Cette dérive énergétique s’inscrit dans une détérioration générale des échanges. Le déficit commercial a franchi la barre des 21,8 milliards de dinars en 2025, en progression par rapport à l’année précédente (18,9 milliards). Conséquence directe : le taux de couverture des importations par les exportations a reculé, passant de 76,6% à 74,5%.

L’énergie reste le principal point noir de la balance commerciale. Viennent ensuite les postes déficitaires des matières premières et demi-produits (-5,8 milliards), des biens d’équipement (-3,7 milliards) et des biens de consommation (-2,3 milliards). À noter toutefois que, hors énergie, le déficit aurait été contenu à 10,6 milliards en 2025.

Malgré ces déséquilibres, le volume des échanges a connu une nette croissance sur la période 2016-2025. Les exportations ont bondi de 118,5% pour atteindre 63,6 milliards de dinars, tandis que les importations ont augmenté de 104,8% à 85,5 milliards. Cette dynamique a permis une amélioration du taux de couverture global, qui était de 69,8% en 2016.

Des partenariats commerciaux contrastés

La géographie des échanges révèle des situations très contrastées. La Tunisie dégage des excédents significatifs avec des partenaires historiques comme la France (+5,5 milliards), l’Allemagne (+2,6 milliards) et la Libye (+2 milliards).

À l’inverse, les déficits restent abyssaux avec plusieurs grandes économies : la Chine (-10,9 milliards), l’Algérie (-4,6 milliards), la Russie (-4,1 milliards), la Turquie (-3,4 milliards) et l’Inde (-1,3 milliard).

Enfin, les échanges avec les marchés dits prometteurs demeurent déséquilibrés. Un important déficit de 15,3 milliards est enregistré avec les pays asiatiques, et de 2,4 milliards avec la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), contrastant avec l’excédent de 784 millions observé avec le COMESA.

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