Nabeul: la fraise peut-elle survivre ?
Pour la deuxième année consécutive, le gouvernorat de Nabeul assure plus de 90 % de la production tunisienne de fraises. Pourtant, ce chiffre masque une réalité préoccupante pour la filière, confrontée à un net recul de ses surfaces et de sa production.
Selon Imed El Bey, président de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche à Nabeul, les superficies consacrées à cette culture emblématique sont passées de 350 hectares la saison dernière à seulement 310 hectares cette année. Les premières estimations tablent sur une récolte d’environ 12 000 tonnes, en baisse de 10 à 15 % par rapport aux 14 000 tonnes de la précédente campagne. Le rendement moyen se stabiliserait autour de 40 tonnes par hectare.
La hausse des coûts pousse à l’abandon
Les responsables agricoles et les producteurs pointent unanimement du doigt la flambée des coûts de production comme cause principale de cette érosion. De nombreux agriculteurs, dont certains cultivaient la fraise depuis des décennies, se voient contraints d’abandonner cette activité.
Ils évoquent notamment le doublement du prix des plants et des intrants, une pression qui grève leur rentabilité et les empêche, pour certains, d’honorer leurs dettes. Pour assurer la pérennité de leurs exploitations, ils se tournent désormais vers d’autres cultures plus rentables.
Un appel au soutien des autorités
Face à cette spirale baissière, les professionnels lancent un appel aux autorités. Ils réclament une intervention urgente pour identifier des solutions capables de réduire les coûts de production et de soutenir les agriculteurs. L’enjeu est de taille : préserver un secteur historique pour la région, aujourd’hui en danger de perdre son rang saison après saison.

