Pétrole : les réserves américaines surprennent à la baisse
Les réserves commerciales américaines de brut ont surpris les marchés la semaine dernière. Selon les données de l’Agence d’information sur l’énergie (EIA) publiées mercredi, elles ont baissé d’environ 1,9 million de barils au cours de la semaine close le 26 décembre. Cette évolution contredit les anticipations des analystes, qui tablaient sur une hausse modérée de 500 000 barils.
Ce repli inattendu, qui porte les stocks hors réserve stratégique à 422,9 millions de barils, trouve sa cause principale dans un net ralentissement des importations. Celles-ci se sont effondrées de près de 19%, tombant à 4,9 millions de barils par jour, un seuil aussi bas n’avait plus été observé depuis février 2021. Les exportations ayant également reculé (-4,9%), les importations nettes ont chuté d’environ 957 000 barils par jour. La production domestique, elle, est restée stable à un haut niveau (13,83 millions de barils/jour).
En temps normal, une telle contraction des réserves serait un facteur haussier pour les prix du baril. Mais le contexte actuel tempère cet optimisme. Un indicateur-clé de la demande intérieure, la quantité de produits pétroliers livrée au marché, a en effet reculé de 4,6%, repassant sous la barre des 20 millions de barils par jour.
Le recul est particulièrement marqué pour la demande en produits distillés (dont le gazole), en chute libre de 18,7%, tandis que la consommation d’essence a aussi fléchi (-4,2%). Ces chiffres suggèrent un refroidissement de l’activité économique.
Enfin, dans une publication séparée avec retard, l’EIA a indiqué un léger gonflement des stocks de 405 000 barils pour la mi-décembre, rappelant la volatilité des données hebdomadaires. Au final, le marché se retrouve face à un signal contradictoire : des réserves qui se resserrent, mais une demande intérieure qui faiblit.

