La BCT baisse son taux à 7% pour relancer l’économie
Le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), réuni ce lundi 30 décembre, a pris la décision notable d’assouplir sa politique monétaire. Le taux directeur est réduit de 50 points de base, pour s’établir à 7%. Cette mesure, la première de ce type depuis plusieurs cycles, intervient dans un contexte économique national en perte de vitesse, malgré un environnement international plus clément.
Un contexte mondial qui s’améliore, une économie tunisienne qui patine
L’institution note une résilience de l’économie mondiale en 2025, portée par un recul des prix des matières premières, en particulier énergétiques, et un assouplissement des conditions financières internationales. Ce paysage favorable contraste avec les difficultés internes.
La croissance tunisienne a en effet marqué le pas au troisième trimestre 2025, affichant un taux de 2,4%, en retrait par rapport aux 3,2% du trimestre précédent. Le recul est encore plus marqué pour les secteurs non agricoles, tombés à 1,5%. La contre-performance de secteurs clés comme l’énergie et les industries textiles est pointée du doigt.
Déséquilibres extérieurs et résilillance partielle du dinar
Le déficit commercial s’est significativement creusé sur les onze premiers mois de l’année, pour atteindre 20,2 milliards de dinars, tiré par une vigoureuse hausse des importations. Si le déficit courant reste contenu à 2,4% du PIB, il a néanmoins plus que doublé en valeur par rapport à 2024. Les indicateurs externes montrent des signes de tension : les avoirs nets en devises, bien qu’importants à 25,5 milliards de dinars, couvrent moins de jours d’importation qu’un an auparavant.
Malgré cela, le dinar a fait preuve de résilience sur le marché des changes, s’appréciant face au dollar, même s’il s’est légèrement déprécié par rapport à l’euro.
La désinflation se confirme, mais à un rythme ralenti
Le processus de ralentissement de l’inflation, engagé depuis plusieurs mois, se poursuit. L’indice des prix à la consommation a affiché un taux annuel de 4,9% en novembre. Cette tendance est principalement portée par le net ralentissement des prix administrés, gelés pour la plupart, et par une légère détente sur les produits alimentaires frais.
Cependant, la Banque Centrale relève un signal à surveiller : l’inflation dite « sous-jacente » (hors produits frais et prix administrés) poursuit une lente progression, grimpant à 4,7%. Cela suggère que les pressions inflationnistes plus structurelles ne sont pas totalement éteintes. Sur l’ensemble de l’année 2025, l’institution prévoit une inflation moyenne de 5,4%, en nette baisse par rapport aux 7% de 2024.
Un ajustement monétaire pour soutenir l’activité
C’est à l’aune de ce bilan en demi-teinte avec une inflation en voie de normalisation mais une croissance qui faiblit que la BCT a pris la décision d’abaisser son taux directeur. Ce geste vise à alléger le coût du crédit pour les ménages et les entreprises, dans l’objectif de relancer l’investissement et la consommation.
Le Conseil indique qu’il « continuera de suivre avec attention l’évolution des perspectives d’inflation et des risques entourant la stabilité macroéconomique », se disant prêt à procéder à de nouveaux ajustements de sa politique monétaire si nécessaire. Ce tournant assouplisseur marque une nouvelle phase dans la gestion post crise, où le soutien à l’activité économique devient une priorité affichée.

