Economie

Inflation stable à 4,9% en Tunisie ?

Le rythme des prix à la consommation s’est maintenu en novembre, selon les dernières données de l’Institut National de la Statistique (INS) publiées ce vendredi. Le taux d’inflation annuel s’est stabilisé à 4,9%, dans un contexte de dynamiques sectorielles contrastées.

Cette stabilité du niveau général cache en réalité des mouvements opposés. D’un côté, les postes «Alimentation » et « Logement, eau, gaz » ont vu leurs prix accélérer légèrement, à respectivement 5,8% et 3,5%. De l’autre, l’inflation a marqué le pas dans les secteurs des « Services de restauration, cafés et hôtels » et des « Meubles, articles de ménage », permettant ainsi d’équilibrer la tendance.

L’alimentaire, principal moteur de la hausse

Le panier alimentaire reste le principal contributeur à la hausse des prix, avec une augmentation annuelle de 5,8%. Cette poussée est largement tirée par des produits frais : les prix de la viande d’agneau ont bondi de 18,5%, ceux des légumes frais de 15,9%, et ceux des fruits frais de 11,5%. Les viandes bovines et les poissons frais affichent également des hausses supérieures à 10%. Une lueur d’espoir pour le consommateur vient néanmoins du côté des huiles alimentaires, dont les prix se sont repliés de 17,3%.

Industrie et services : des trajectoires différenciées

Hors alimentaire, les produits manufacturiers ont augmenté de 5% sur un an, portés notamment par l’habillement et les chaussures (+9,2%). Du côté des services, l’inflation est ressortie à 4%, tirée principalement par le secteur de la restauration et de l’hôtellerie (+6,2%).

Le taux d’inflation sous-jacent en léger recul

Un indicateur suivi de près par les économistes, l’inflation dite « sous-jacente » (hors produits alimentaires et énergie), montre un léger fléchissement. Elle s’établit à 5,0% en novembre, contre 5,1% en octobre. Cet indicateur, considéré comme un meilleur reflet de la tendance inflationniste de fond, suggère une très légère modération des pressions.

L’écart significatif entre produits libres et encadrés

Les données de l’INS confirment un écart structurel entre les marchés. Les produits dits « libres » (non réglementés) ont connu une hausse de prix de 6% sur un an. Cet écart est criant dans l’alimentaire : les produits libres ont augmenté de 6,5%, tandis que les produits à prix encadrés n’ont progressé que de 0,3%, illustrant l’effet tampon de la régulation sur certains produits de première nécessité.

En glissement mensuel, une stabilité précaire

Sur une base mensuelle, l’indice des prix à la consommation n’a progressé que de 0,1% entre octobre et novembre 2025. Cette quasi-stabilité est le résultat de la baisse des prix de l’alimentation (-0,3%) qui a compensé les légères hausses enregistrées dans les groupes « Habillement et chaussures » (+0,4%) et « Loisirs et culture » (+0,3%).

En conclusion, si la stabilisation du taux d’inflation à 4,9% peut être vue comme un point d’équilibre, elle résulte de forces contraires. La pression sur les produits alimentaires frais et de base demeure un défi majeur pour le pouvoir d’achat des ménages, atténué seulement en partie par la baisse de certains produits et le bouclier des prix encadrés. La trajectoire des mois à venir dépendra de l’évolution de ces dynamiques sectorielles et de l’efficacité des politiques économiques à contenir les pressions sur les produits essentiels.

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