Énergie: et si la clé était entre les mains des femmes ?
« Une participation accrue des femmes à tous les maillons de la chaîne énergétique est un pilier pour bâtir un système plus équitable, diversifié et résilient. » C’est par ces mots que Ichraf Smadhi, Directrice générale du Bureau de la coopération et des relations extérieures au ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, a ouvert la Conférence nationale sur le genre dans le secteur de l’énergie, tenue ce jeudi à Tunis.
Malgré des progrès notables, la présence des femmes reste encore limitée dans l’ensemble du secteur, a-t-elle constaté. Cette sous-représentation est particulièrement marquée dans les postes de décision, les métiers techniques et l’entrepreneuriat. « Cette réalité, au-delà des obstacles qu’elle révèle, montre aussi l’ampleur du potentiel à valoriser », a estimé la responsable.
Pour Mme Smadhi, l’enjeu dépasse la seule équité : « Promouvoir une plus grande inclusion des femmes n’est pas seulement une question de justice. C’est un levier stratégique pour renforcer la résilience et la compétitivité de toute la filière. »
Une étude pour cartographier et agir
Pour traduire cette vision en actions concrètes, le ministère, en partenariat avec la coopération allemande (GIZ), a réalisé une Étude nationale genre dans le secteur de l’énergie. L’expert senior en genre, Bechir Lassoued, a présenté les grandes lignes de cette initiative.
Cette étude s’inscrit dans le cadre du projet « Féminisme en action pour une transformation structurelle » (FAST), financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement (BMZ). Démarré en octobre 2023 pour une durée de trois ans, le projet FAST repose sur quatre piliers : les instruments politiques, le conseil et renforcement des capacités, la gestion des connaissances, et les échanges Sud-Sud et Nord-Sud.
L’objectif de l’étude est clair : établir un diagnostic précis pour mieux intégrer les femmes à tous les niveaux du secteur et améliorer la gestion des données sur leur employabilité. « Il s’agit de poser les bases d’une prise de décision éclairée en matière de parité », a expliqué M. Lassoued.
Un guide pour orienter les politiques
Le livrable principal de ce travail sera un guide de données comprenant une série d’indicateurs genrés. Ce document devra non seulement mesurer les disparités, mais aussi proposer des modalités pratiques pour exploiter ces données et orienter les politiques publiques et les stratégies sectorielles.
La conférence de ce jeudi a rassemblé un panel diversifié d’acteurs : institutions publiques, opérateurs privés, universitaires et organisations de la société civile. L’ambition était de lancer un dialogue opérationnel pour faire de l’égalité des genres un moteur durable de l’efficacité des politiques énergétiques nationales.

