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La Tunisie ouvre les vannes de son « or vert » vers des marchés inédits

La région du Centre célèbre une récolte d’huile d’olive historique, qualifiée sans ambages de « record » par Najib Mellouli, président de la Chambre de commerce et de développement des exportations du Centre. Ce succès agricole place les autorités et les professionnels devant un défi de taille : canaliser cette manne vers l’étranger en conquérant de nouveaux débouchés.

Avec un patrimoine de plus de 21 millions d’oliviers, la région a engrangé une production « très significative » cette saison. Déjà, l’activité exportatrice bat son plein. Najib Mellouli révèle à une radio que 276 certificats d’origine ont été émis pour une valeur globale de 85 millions de dinars. Les destinations témoignent d’une diversification remarquable : du monde arabe (Émirats, Koweït, Irak…) à l’Asie (Chine, Russie), en passant par l’Afrique (Kenya, Madagascar) et les Amériques (États-Unis, Brésil), sans oublier certaines places européennes.

« L’impératif aujourd’hui est d’absorber le surplus par de nouveaux marchés », a insisté le président de la Chambre sur les ondes de Jawhara Fm. Des perspectives prometteuses se dessinent, notamment avec la Turquie, où des hommes d’affaires ont exprimé un vif intérêt pour des achats en volume et des investissements directs dans la filière.

Cette dynamique trouve un écho au plus haut niveau. Le ministre du Commerce, Samir Obeid, met en avant la compétitivité internationale d’un secteur porté par la qualité de ses huiles, l’amélioration de ses chaînes de valeur et les investissements récents. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les exportations d’huile d’olive ont atteint 280 000 tonnes, valant 3 750 millions de dinars et représentant plus de la moitié des exportations agroalimentaires nationales.

Pour soutenir cette montée en puissance, le ministère du Commerce orchestre, en lien avec les professionnels, une stratégie offensive. L’objectif est clair : renforcer la valeur ajoutée à l’export. Le plan d’action combine un soutien accru aux exportateurs, la formation des opérateurs, la simplification des démarches administratives et la conquête commerciale.

Des réformes structurelles sont également en cours : réorganisation des sociétés internationales, modernisation du cadre du Fonds de promotion des exportations, et révision du décret historique de 1994 régissant le commerce extérieur. En parallèle, le système « Easy Export » pour les envois postaux sera modernisé en coopération avec le ministère des Technologies de la communication, fluidifiant ainsi l’exportation des petits lots.

La filière oléicole du Centre, dopée par une récolte exceptionnelle, s’apprête donc à écrire un nouveau chapitre de son rayonnement à l’international, avec l’ambition affirmée de hisser l’or vert tunisien sur de nouveaux fronts.

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