Le crédit aux ménages toujours freiné par des taux d’intérêt élevés
L’encours des crédits non professionnels accordés par les banques commerciales tunisiennes aux particuliers a atteint 29,702 milliards de dinars fin juin 2025, contre 29,533 milliards de dinars fin décembre 2024. Cette progression reste modeste, avec une augmentation de seulement 168 millions de dinars, soit un taux de croissance de 0,57 % sur les six premiers mois de l’année.
Selon les dernières données publiées par la Banque centrale de Tunisie (BCT), cette relative stagnation s’explique principalement par le niveau toujours élevé des taux d’intérêt, qui alourdit le coût du crédit pour les ménages.
La ventilation sectorielle des crédits révèle des tendances divergentes. Le segment de l’acquisition immobilière a enregistré un recul, son encours passant de 13,127 milliards de dinars fin 2024 à 12,949 milliards fin juin 2025, soit une baisse de 178 millions de dinars (-1,36%).
À l’inverse, les crédits destinés à l’amélioration de l’habitat ont progressé de 231 millions de dinars pour atteindre 11,183 milliards, contre 10,952 milliards fin 2024. Les observations indiquent toutefois que ces crédits sont souvent détournés de leur objet initial pour financer d’autres besoins, notamment de consommation.
Parallèlement, les crédits à la consommation ont connu une hausse modeste de 108 millions de dinars, portant leur encours à 5,137 milliards. Le secteur automobile affiche une légère croissance avec 8,3 millions de dinars d’augmentation, l’encours s’établissant à 417,8 millions de dinars.
En revanche, les crédits universitaires ont fléchi, passant de 14,8 à 14,3 millions de dinars, soit une diminution de 0,5 million de dinars.
Des experts financiers cités dans le rapport expliquent la faiblesse générale de la croissance du crédit aux particuliers par le niveau des taux d’intérêt. La politique monétaire restrictive de la BCT, qui maintient un taux directeur élevé, actuellement à 7,5 %, pour lutter contre l’inflation, se répercute directement sur le coût de l’emprunt pour les ménages.
Cependant, malgré l’assouplissement monétaire de la Banque centrale le 26 mars 2025 qui a abaissé le taux directeur de 8 % à 7,5 %, le coût du crédit reste un frein significatif à l’endettement des familles tunisiennes. Cette persistance d’un crédit onéreux se reflète directement dans la quasi-stagnation des encours au premier semestre 2025.

