81 % de hausse pour le mobile, 68 % de chute pour le chèque
La révolution silencieuse des habitudes de paiement en Tunisie s’est brutalement accélérée en 2025. Selon les derniers chiffres publiés par la Banque centrale de Tunisie, le mobile s’impose désormais comme le vecteur privilégié des transactions du quotidien, tandis que le chèque, pilier historique du système, connaît un repli sans précédent.
Avec 8,4 millions d’opérations réalisées par téléphone mobile pour un montant cumulé de 1,769 milliard de dinars, l’année écoulée marque un tournant. La progression est spectaculaire : +81 % en volume, +59 % en valeur. Derrière ces chiffres, c’est tout un pan des comportements quotidiens qui bascule vers le numérique, porté par une offre financière dématérialisée de plus en plus accessible.
Le commerce en ligne suit la même dynamique, avec 1,375 milliard de dinars dépensés sur les sites marchands, soit une hausse de 31 % en valeur. Fait notable : cette croissance s’opère alors que le nombre de plateformes actives recule de 10 % (1 005 sites). Les transactions se concentrent autour des acteurs établis, gage d’une confiance renforcée des consommateurs dans l’e-commerce.
Le chèque en repli historique, la lettre de change prend le relais
Le signal le plus fort de cette mutation vient du système de compensation électronique. Le volume des chèques échangés s’effondre de 67,5 % , tandis que leur valeur recule de 58,8 % , à 53,4 milliards de dinars. Un désamour massif pour un instrument longtemps incontournable.
Dans les échanges interentreprises, c’est la lettre de change qui capte une partie de ce repli. Ses émissions bondissent de 161 % en nombre (4,6 millions) et de 59,7 % en valeur, pour atteindre 54,226 milliards de dinars. Un basculement vers des instruments mieux adaptés aux besoins de trésorerie et de sécurisation des paiements professionnels.
Virements et cartes : le réflexe numérique gagne du terrain
Le virement confirme lui aussi son ancrage dans les pratiques. Sa valeur progresse de 42,3 % , à 79,5 milliards de dinars. Particuliers comme entreprises plébiscitent des solutions jugées plus rapides et plus fiables que les supports papier.
Côté cartes bancaires, le parc atteint 5,85 millions d’unités fin 2025, en hausse de 6,6 % . Surtout, les paiements par terminal électronique (TPE) s’approchent du seuil symbolique des 6 milliards de dinars, avec une augmentation de 20,3 % en valeur.
Enfin, le système de règlement brut en temps réel Elyssa-RTGS, utilisé pour les gros montants interbancaires, a traité 6 153,6 milliards de dinars en 2025, soit une hausse de 36 % sur un an. Une donnée qui rappelle, s’il en était besoin, que la digitalisation n’épargne aucun étage du système financier tunisien.

