1,2 milliard de jeunes cherchent un emploi : qui peut éviter la crise ?
Le chômage dans les pays en développement a cessé d’être une simple variable d’ajustement économique pour incarner la question centrale du développement, directement liée à la stabilité sociale et politique. C’est l’alerte lancée par le Groupe de la Banque mondiale dans son rapport annuel 2025, qui érige la création d’emplois décents en priorité absolue de l’agenda mondial. Selon l’institution, c’est le levier le plus réaliste et le plus durable pour combattre la pauvreté, la vulnérabilité et les inégalités.
Le document révèle un paradoxe démographique alarmant : dans la prochaine décennie, près de 1,2 milliard de jeunes rejoindront le marché du travail dans les pays en développement. Or, la capacité de création d’emplois de ces économies est estimée à seulement 400 millions de postes. Ce gouffre de 800 millions de perspectives manquantes représente une menace directe pour les trajectoires de développement, nécessitant une réponse politique rapide et audacieuse.
Au-delà des financements : transformer la croissance
Face à cet enjeu, le Groupe de la Banque mondiale a engagé 118,5 milliards de dollars au cours de l’exercice 2025. Mais l’institution insiste : la valeur ne réside pas dans les montants mais dans l’impact. Le développement ne se résume pas à une injection de capitaux ; il dépend de la capacité à transformer la croissance économique en emplois productifs et durables, tangibles dans le quotidien des populations.
Pour y parvenir, le rapport prône une approche intégrée. Celle-ci doit combiner investissements dans les infrastructures de base (énergie, transport, eau), développement du capital humain (éducation, santé, formation) et amélioration de la gouvernance et du climat des affaires. Sans cette base solide, la croissance reste fragile, génère des inégalités et échoue à créer des opportunités d’emploi réelles.
Mobiliser le secteur privé, premier employeur mondial
Consciente que 90% des emplois dans le monde sont générés par le secteur privé, la Banque mondiale plaide pour une mobilisation massive des capitaux privés. Compte tenu des limites des ressources publiques, celle-ci est devenue incontournable. Elle passe par des instruments financiers innovants, des garanties et des mécanismes d’assurance contre les risques, destinés à orienter les investissements vers les secteurs créateurs d’emplois à grande échelle.
En conclusion, le rapport rappelle avec force que l’emploi est bien plus qu’une statistique ; il est le fondement de la dignité humaine et de la cohésion sociale. Dans un monde d’accélération et d’imbrication des crises, aucune stratégie de développement ne pourra tenir sans en faire son objectif premier.

