Malgré la barrière de la langue, l’Allemagne nouvelle destination préférée des jeunes Tunisiens

Malgré la barrière de la langue, les jeunes Tunisiens sont de plus en plus nombreux à vouloir émigrer légalement vers la première économie européenne, en manque criant de main-d’œuvre. France, Canada, pays du Golfe et dorénavant Allemagne !

L’Allemagne a compté 5 474 autorisations de travail accordées à des Tunisiens de janvier à octobre, après 4 462 en 2021 et 2 558 en 2020, et ce avec une absence de quotas et une reconnaissance accrue ces dernières années des diplômes étrangers, y compris pour les qualifications d’avant bac.

Dans une déclaration accordée à l’AFP, Narjess Rahmani, directrice de l’agence d’aide à l’émigration Get in Germany a expliqué que l’Allemagne :   » a d’énormes besoins de main-d’œuvre, pas seulement dans la santé ou l’informatique, mais aussi dans l’hôtellerie-restauration, le bâtiment, la pose de fibre optique ou la conduite de poids lourds « .

Et d’ajouter que dans les secteurs sous tension, certains employeurs procurent au candidat un contrat d’embauche ou d’apprentissage pour faciliter l’obtention du visa et financent même sa formation linguistique de base (niveau B1, environ six mois d’allemand).

La Tunisie traverse de graves difficultés économiques, avec une croissance poussive (moins de 3 %) et une dette publique énorme, creusée par le Covid-19 puis la guerre en Ukraine. Ce qui fait, qu’un jeune sur deux veut partir, que ce soit légalement (plus de 40 000 ingénieurs ont émigré ces cinq dernières années, plus de 3 300 médecins…) ou illégalement, avec 16 000 Tunisiens arrivés clandestinement en Italie depuis début 2022.